• Eglise besançon

Être une mère célibataire


Semaine de la famille 2022 - Lundi 14 février


Le meilleur exemple de ce genre de mère est Marie, la mère de Jésus. Son expérience de femme célibataire enceinte avant son mariage a dû être des plus difficiles. Pensez à l’embarras, à la honte, à l’incertitude qu’elle a dû ressentir. Car même si elle était heureuse de savoir qu’elle avait été choisie pour porter le Divin Fils de Dieu, elle savait très bien ce que les gens allaient penser et la façon dont ils allaient la traiter.


Malheureusement, les choses n’ont pas beaucoup changé, du moins dans les milieux religieux. Une mère célibataire est encore souvent méprisée dans de nombreuses églises.


Marie n’était pas seulement une mère célibataire quand elle est tombée enceinte, mais plus tard, d’une certaine manière, elle est redevenue mère célibataire après la mort de Joseph. Entre le douzième anniversaire de Jésus et le début de son ministère à l’âge de trente ans, Joseph, l’époux de Marie, est certainement mort.


C’est ainsi que Marie, en tant que mère célibataire et veuve, a regardé Jésus grandir et l’a aidé à se développer. Nous voyons son amour maternel continuer à le protéger et à veiller sur lui, même après qu’il ait grandi. La mère de notre Seigneur observait avec un inconfort grandissant son fils échapper à son étreinte maternelle. Le cordon auxquels Jésus avait été attaché, comme tout enfant, s’allongeait de plus en plus ; et avant qu’elle ne s’en rende compte, il était si loin qu’elle pouvait à peine le voir.


Tout a commencé pendant des noces à Cana en Galilée (Jean 2.1-11). Parmi les invités se trouvaient Jésus et Marie. Cette dernière était, à juste titre, très fière de la popularité croissante de son Fils. La nature anxieuse de la relation d’une mère juive avec son fils est légendaire. Selon sa profession, une mère juive présentera son fils comme « mon fils, le médecin » ou « mon fils, l’avocat », ou une chose semblable. Il y a même l’histoire d’une de ces mères dont le fils était entré dans la prêtrise catholique. Elle l’a présenté comme « mon fils, le père ».


En cette occasion particulière, Marie pourrait bientôt présenter Jésus comme « mon fils, le faiseur de miracles », mais, naturellement, elle ne s’en rendait pas compte à leur arrivée au mariage. Quand elle découvrit que le maître du banquet de noces n’avait plus de vin, elle en parla à Jésus. Apparemment, elle pensait qu’il serait d’une manière ou d’une autre capable de gérer l’urgence.


Sa réponse semble plus sévère dans nos traductions que ne l’avait prévu l’auteur au départ : « Chère femme, pourquoi m’impliques-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Il avertissait simplement sa mère, doucement, mais fermement, de ne pas s’immiscer dans ses affaires. Jésus indiquait à Marie qu’il n’avait pas besoin de son aide et qu’il ne la désirait pas. C’était un homme adulte maintenant, et il voulait établir son indépendance en des termes clairs.


Quelle que soit la signification théologique plus profonde que l’on peut chercher dans sa réponse, il voulait certainement suggérer que les préoccupations liées à sa vocation si particulière étaient désormais uniquement les siennes et qu’il ne souhaitait pas partager ses fardeaux ou ses victoires avec sa mère ; ni avec personne d’autre d’ailleurs.


Le restant de sa vie, la solitude de son ministère prophétique l’obligera à modifier sa relation avec sa mère. Le cordon avait été coupé, et la séparation avait créé une crise. J’imagine à quel point cela a dû blesser Marie. Car même si elle devait être fière de Jésus, cela fait mal de devoir couper le cordon avec son enfant.


Chères mères, comment combler le vide douloureux que l’on ressent quand cet enfant complètement autonome quitte le nid pour toujours ? Si vous le voulez vraiment, vous pouvez l’accompagner, en suivant sa progression. Dans ce cas, il sera votre ami aussi bien que votre enfant, et vous serez comme la mère que le sage a décrite : « Ses fils se lèvent, et la disent heureuse » (Proverbe 31.28).

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